Campagnes d’études maritimes estivales dans les Provinces maritimes

Début septembre, Kathleen Blanchard et une équipe d’Intervale se sont rendues en bateau sur trois îles de la baie de Hare, dans la péninsule du Grand Nord de Terre-Neuve, afin de récupérer des unités d’enregistrement autonomes, appelées ARU, qu’elle et d’autres avaient installées là-bas en juillet. Revenons sur les raisons de leur installation et sur ce que le QLF et Intervale espéraient en tirer.

Leach’s Storm-Petrel

On pensait autrefois que l’océanite de Leach était l’un des oiseaux les plus abondants au monde. À partir des années 1980, les populations atlantiques de ce petit oiseau marin ont connu un déclin marqué. En 2020, le gouvernement canadien l’a classé parmi les espèces menacées. Depuis lors, les agences fédérales et provinciales chargées de la faune sauvage, en collaboration avec des organisations de conservation, ont surveillé leurs effectifs et réduit les menaces qui pèsent sur eux, causées par la pollution lumineuse, les contaminants, les plastiques et d’autres effets de l’activité humaine.

L’océanite de Leach niche sous terre sur des îles au large. Elle émet deux cris distinctifs reconnaissables par les biologistes spécialisés dans les oiseaux marins : un cri sifflant émis par les mâles et les femelles en vol au-dessus d’une colonie de reproduction, et un cri ronronnant provenant de l’intérieur du terrier. Mais ces cris sont émis dans l’obscurité de la nuit, ce qui rend impossible le recensement des pétrels pendant la journée.

Les enregistreurs autonomes (ARU) sont des outils couramment utilisés pour collecter de grands ensembles de données sans intervention humaine, car les enregistrements permettent de confirmer la présence de l’espèce cible. Un ronronnement de l’océanite de Leach suggère qu’il y a de fortes chances que l’oiseau se trouve sous terre ; plusieurs ronronnements pourraient indiquer une période de reproduction.

Océanite de Leach (Hydrobates leucorhous) @Alix d’Entremont, Macaulay Library

En juillet, le Dr Kathleen Blanchard, aidée d’Elli Gurguliatos (QLF), de Sophie Anderson et de Clarence Goodyear, s’est rendue sur trois îles de la baie de Hare qui avaient été choisies par Kath et qui avaient également été identifiées par le Programme provincial des zones naturelles en vue d’être prises en considération pour l’extension de la réserve écologique des îles de la baie de Hare. La mer était un peu agitée lorsqu’elles ont accosté sur la plus éloignée des trois îles, mais grâce à l’aide experte de Justin Boyd, marin chevronné, elles ont réussi à débarquer et à remonter à bord en toute sécurité.

Ils avaient de grands espoirs pour l’une des îles, car les travaux menés les années précédentes avaient donné des résultats prometteurs : un pétrel de Leach mort trouvé sur l’île et un seul cri strident près de ce même endroit ! Les résultats de l’analyse des données de 2025 ne seront pas connus avant plusieurs semaines, alors restez à l’écoute pour une mise à jour prochainement.